Iuliu Muresianu est né le 29 janvier 1900 à Blaj, une petite ville dans laquelle il y avait une vie intellectuelle intense, où le mouvement musical était animé par son père, Iacob Muresianu, compositeur et professeur à l'école de cette ville.
L'enfance de Iuliu Muresianu se passe dans le milieu familial, là où il reçoit les premières notions de musique, directement de ses parents. Dès l'âge de 4 ans, il commence à jouer du piano avec un seul doigt, pour débuter un an plus tard des leçons de piano avec sa mère, une bonne pianiste et une chanteuse distinguée, dont l'interprétation de ”Doina” et d'autres chants de Transylvanie ont profondément captivé Iuliu.
Il a fait des progrès remarquables dans la musique. Il a appris à jouer du violon sans orientation particulière et, à l'âge de 8 ans, il fait une grande surprise a son père, lors de la fête de son nom, il est entré avec le violon à la main, et chantait ”Cavatina” par Raff, dans une interprétation si belle que tout le monde est resté profondément impressionné.
Malgré tout le talent pour le piano et le violon, Iuliu Muresianu s'est toujours dédié à la composition et l'ambiance musicale de sa famille lui donne une relation permanente avec la musique. (Comme élève du Secondaire, il a joué dans l'orchestre de son père.)
Iuliu a grandi dans l'atmosphère du folklore roumain. Pour lui, la compréhension et l'exploitation du folklore sera juste une question d’approfondissement et d'affiner la mémoire musicale de l'enfance, surtout que le sentiment d'appréciation de la musique folklorique a été diffusé directement de son père.
À l'âge de 14-15 ans, Iuliu Muresianu a organisé une chorale pour laquelle il a composé des pièces diverses. Il a également joué du violon dans des quatuors ou quintettes.
Durant son adolescence, Iuliu Muresaniu passe par des épreuves lourdes. À 17 ans, son père meurt. La mort de son père en 1917 signifie un grand coup pour toute la famille et surtout pour le jeune Iuliu qui était en train de faire son choix de carrière. Pour assurer l'existence matérielle de la famille et offrir une éducation satisfaisante à ses enfants, Otilia Muresianu, la mère de Iuliu, a décidé de s’installer à Cluj. Ici, elle s'est vu offrir un poste de professeur de piano au Conservatoire de musique et d'Art dramatique (Directeur Gheorghe Dima). À l'instigation de sa mère, Iuliu Muresianu a choisi une carrière en Droit et est entré à l'université. Alors qu’il est étudiant en Droit, il n’abandonne pas la musique. Il a fondé un orchestre et une chorale qui s'affirment à de nombreuses reprises. Après deux années d'études en Droit, Iuliu a abandonné cette carrière et rejoint le Conservatoire de musique, pour poursuivre ses études à Bucarest et à Cluj. En 1923, il va au Leipzig, le même conservatoire où a étudié son père, pour étudier l'harmonie et le contrepoint, avec le professeur Otto Wittenbecher, et la composition avec le professeur de renommée Graener.
De retour dans sa patrie, il devient professeur de lycée à Blaj, la où son père a aussi enseigné. Grâce à son activité musicale, il est présent dans plusieurs villes, y établissant des chorales et des orchestres, dans les centres, là où il a travaillé. En Turda, Iuliu Muresianu a créé, en 1944, l'Orchestre symphonique ”Iacob Muresianu” qui a donné de nombreux concerts. En 1945, de retour à Cluj, il continue son travail comme professeur au Conservatoire de Musique ”Gheorghe Dima”, un poste qu'il a occupé jusqu'à la fin de sa vie.
Le 15 Février 1956, suite à une maladie, Iuliu Muresianu meurt. Il est regretté par un large public et, en particulier, par tous ceux qui ont connu en détail son travail de propagateur infatigable de la musique roumaine.
Iuliu Muresianu laisse derrière lui une création musicale de grande valeur. Sur plus de cent oeuvres, dont beaucoup laissées inachevées, rappelons-nous celles qui ont profondément marqué le coeur du public roumain – la Suite symphonique 4, Concertino pour piano et orchestre ballade ”Dans le cimetière” pour baryton et string orchestre, et les trois concertos pour basson, choeur et trompette.
La mort prématurée de Iuliu Muresianu, survenue au moment de la plénitude de ses forces créatrices, nous prive de beaucoup d'œuvres de grande valeur qu’il aurait pu créer. Sa musique, inspirée par le folklore roumain, a créé de belles images de la vie des gens, des moments de joie et d'optimisme et une compréhension profonde des sentiments affectifs.